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Leaders religieux : Alliés pour le bien-être des Jeunes et des Femmes

Ce webinaire a mis en évidence le rôle des chefs religieux en tant qu’alliés importants dans la promotion de normes sociales positives pour dans la santé et le bien-être reproductifs des jeunes et des femmes, ainsi que l’importance des partenariats et des coalitions dans la construction d’un dialogue communautaire transformateur pour un changement positif. Il a été organisé conjointement par le Projet Passages (Institute for Reproductive Health, Université de Georgetown) et le Projet PACE (Population Reference Bureau).

Bienvenue et Introduction

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Peter Munene, directeur exécutif de Faith to Action Network (Réseau “Foi en Action”), a souhaité la bienvenue aux participants et a partagé les trois objectifs du webinaire :

  • Comprendre l’importance des chefs religieux dans les interventions axées sur le changement des normes sociales et des comportements de santé reproductive.
  • Comprendre les différentes approches de partenariat avec les chefs religieux.
  • Mettre en évidence les enseignements tirés d’exemples réels de partenariat avec des chefs religieux.

Pourquoi Engager les leaders Religieux à Changer les Normes ?

Regardez maintenant : 3:53

[Courtney McLarnon-Silk, agente principale de programme à l’Institute for Reproductive Health de l’Université de Georgetown]

La discussion a porté sur la façon dont les chefs religieux et les communautés peuvent soutenir l’évolution des normes pour de meilleurs résultats en matière de santé. Les normes sociales influencent ce que nous faisons et comment nous le faisons. Elles sont appliquées par les « groupes de référence » vers lesquels nous nous tournons pour obtenir des conseils. Dans de nombreux contextes, les chefs religieux et les communautés peuvent être nos groupes de référence. Les organisations confessionnelles ont une vaste gamme de programmes de santé, mais il existe peu d’évidences sur la valeur ajoutée de leur participation. L’engagement des chefs religieux a été plus fréquemment documenté récemment, mais il est difficile de démontrer la part du changement positif attribuée à leurs actions. Ce constat est une opportunité de discuter davantage sur la façon de les impliquer, les  responsabiliser pour promouvoir des valeurs telles que l’égalité et l’équité, et à travailler avec leurs vastes réseaux pour transformer les normes sociales.

Masculinité, Famille et Foi : Partenariat avec les leaders religieux pour transformer les normes sociales

Regardez maintenant : 8:55

[Dr. Samuel Byringiro, Mwana Ukundwa & Olivier Bizimania, Tearfund]

MFF est une intervention religieuse pour le changement des normes sociales qui engage les leaders religieux et les communautés religieuses à travers des ateliers participatifs et de réflexion et des discussions en petits groupes avec des couples de jeunes mariés et des nouveaux parents pour aborder les normes de genre inéquitables sous-jacentes afin de réduire la violence conjugale et augmenter l’utilisation de la planification familiale. Il s’agit d’une adaptation de l’intervention « Transforming Masculinities » de Tearfund initialement pilotée et testée à Kinshasa, en RDC, en partenariat avec l’Institut pour la Santé de la Reproduction de l’Université de Georgetown et l’Église de Christ au Congo, dans le cadre du Projet Passages financé par l’USAID.

AMU est s’associé à Passages à travers MFF pour aborder efficacement la planification familiale avec  plus de 100 églises avec lesquelles elle travaille au Rwanda. Malgré quelques inquiétudes au départ des leaders religieux pour discuter de la planification familiale, AMU a été surprise après les ateliers du MFF de voir les leaders religieux devenir de fervents défenseurs. Après la formation, deux d’entre eux se sont rendus à la clinique pour obtenir des informations et des méthodes pour leur usage personnel. Cet engagement à mettre la formation en pratique a été perçu de manière très positive par leurs congrégations. L’engagement positif des leaders religieux sur le sujet de la planification familiale a permis pour la première fois d’en discuter ouvertement dans les congrégations et de parler de l’importance de la planification familiale en fonction des besoins évidents des congrégations. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’incidence élevée de la violence conjugale et la nécessité de la planification familiale pour garantir que les enfants et les familles soient bien pris en charge. En termes de durabilité, les leaders religieux se sont approprié le projet et ont fait des plans par l’intermédiaire des leaders confessionnels pour continuer à animer les ateliers et les discussions en petits groupes.

« Leaders religieux: Alliés du Bien être des jeunes et des femmes »

Regardez maintenant : 23:53 et 39:23

[Hadja Mariama Sow, Membre CRSD & Aly Kébé, Jeune leader]

Ce premier panel a directement porté sur l’engagement des leaders religieux sur les questions de santé de la reproduction et les stratégies d’informations, de communication et de collaboration avec les communautés pour leur bien-être. En fondant leurs argumentaires sur les orientations des documents religieux, les leaders religieux, particulièrement ceux du CRSD au Sénégal et leurs pairs de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie, communiquent à travers des outils multimédia tels la vidéo “Rien n’est tabou”; “Sénégal Engage” pour toucher davantage de personnes. Ces outils permettent également de commiquer largement la position de la religion islamique, spécifiquement sur l’utilisation de la contraception moderne au sein des couples mariés pour espacer les naissances, les méfaits des Mutilations Génitales Féminies (MGF) sur la santé de la jeune fille et de la mère. Ils brisent ainsi les tabous et combattent leurs fausses conceptions et compréhensions sur les orientations islamiques. Ils sont également membres des groupes de travail avec les jeunes, du gouvernement, des partenaires techniques et financiers pour construire les messages importants à soutenir au niveau de la communauté. Conscients des enjeux, ils participent aux cadres de concertation nationaux et internationaux, prennent des engagements forts, influencent et contribuent à la réalisation des priorités des politiques et programmes nationaux.

[Aliou DIOP, Président de AGD & Awa Sedou Traore]

La contribution de la société civile dans cette discussion est de taille. Dans ce panel constitué de cadres de la société civile, notamment Aliou Diop journaliste spécialisé en santé de la reproduction et Awa Sedou Traoré, il a été question du rôle de coordination, d’information qui sont le leur. L’Association AGD coordonne justement la task force mise en place en Mauritanie et qui comprend :

  • les leaders religieux
  • les jeunes (membres d’association de jeunes dans leur communauté)
  • les représentants du gouvernement
  • des partenaires techniques et financiers

Cette task force a identifié les questions de MGF et d’utilisation de la contraception moderne pour espacer les naissances comme très importantes en Mauritanie au regard des statistiques nationales. AGD conduit le processus de création du multimédia “Mauritanie Engage” qui devra permettre de véhiculer les messages clés retenus par la task force tant auprès des leaders religieux que des jeunes. La collaboration avec les femmes et hommes de média spécialistes du domaine de la santé de la reproduction est donc une aubaine pour atteindre davantage les communautés.

« Terikunda Jekulu: Engager les imams autrement à travers l’approche de réseau social pour briser les barrières socio-normativse liées à la planification familiale »

Regardez maintenant : 55:54

[Mariam Diakité, IRH Georgetown University]

La présentation a porté sur une nouvelle façon d’engager les imams à travers l’approche de réseau social Térikunda Jekulu (TJ) pour briser les barrières socio-normatives liées à la PF. Au cours de la présentation, le contexte de l’approche est mis en exergue dans lequel est souligné le taux élevé des besoins non satisfaits (BNS) en planification familiale et le faible taux d’utilisation des méthodes contraceptives modernes, en Afrique de l’Ouest, particulièrement au Bénin et au Mali. Il est ressorti que les BNS est souvent lié aux facteurs socioculturels. Par exemple, les décisions sur la fécondité et l’utilisation des contraceptives sont rarement individuelles; elles sont plutôt influencées par les normes sociales. Ainsi, dans les interventions, il est pertinent de cibler le réseau social et non l’individu seul. Depuis 2016, l’approche TJ a été financée par l’USAID, expérimentée au Bénin par L’institut pour la santé de la reproduction en partenariat avec Care et Plan international. Actuellement, l’approche est mise à l’échelle au Mali.

Conclusions et recommandations des présentateurs

Regardez maintenant : 1:27:23

Il est important de mettre l’accent sur la collaboration entre les jeunes et les leaders religieux, entre les différentes confessions religieuses, de soutenir la communication intergénérationnelle, d’encourager la participation des leaders traditionnels dans le dialogue communautaire. Si les leaders religieux informent et sensibilisent sur la position des documents saints sur l’utilisation de la contraception au sein du couple, la pratique des MGF, les leaders traditionnels ont la possibilité d’en faire autant sur les pratiques culturelles positives ; celles qui encouragent le bien-être et l’épanouissement de la mère, de l’enfant à travers l’espacement des naissances, la masculinité positive dans le couple, les initiatives culturelles innovantes.

Le partage des expériences réussies entre les pays, les différents acteurs dans le domaine est l’un des moyens de réaliser des changements dans les normes sociales et rapidement. Au-delà des cadres comme les webinaires, les ateliers, il est nécessaire que le réseautage entre les acteurs de différents pays et au sein d’un pays soit établi et opérationnel pour faciliter la mise à échelle des pratiques à haut impact dans les communautés.

Il s’avère qu’il y a une insuffisance de données probantes sur la contribution des leaders religieux dans l’amélioration des conditions de vie de leurs communautés. Il existe des témoignages, des récits de vie mais il reste difficile de traduire ces résultats positifs en données pour informer, orienter les décideurs politiques, conduire des plaidoyers pour la mobilisation de ressources additionnelles et apporter des changements parmi ceux qui restent réticents. Les données sont également la preuve que les jeunes, avec leur participation, contribuent aux changements positifs et dans quel sens. Pour que le travail porte fruit sur le long terme, il est nécessaire de renforcer le dialogue entre les leaders religieux et les jeunes, appuyer les jeunes à porter des messages clés aux décideurs politiques. Il serait aussi nécessaire sur les pratiques culturelles qui changent positivement les normes sociales soient identifiées et soutenues. Enfin, l’ensemble des acteurs doit renforcer la collaboration et communiquer sur la base de données probantes sur les progrès réalisés pour influencer les décisions, politiques et programmes publics.

Q&A

Regardez maintenant : 1:08:08

Comment les leaders religieux peuvent faire en sorte que les jeunes accèdent mieux aux services de SR/PF (informations et accès à l’utilisation)?

Réponse de Hadja Mariama Sow

En Guinée un groupe de jeunes a été impliqué dans toutes les activités du CRSD. Ils ont eu l’opportunité de cotôyer le département de la santé, de la jeunesesse, des religieux chrétiens autour des questions de santé de la reproduction/Planification familiale. Ces différents acteurs, selon leur domaine d’expertise mettent à la disposition des jeunes toutes les informations dont ils ont besoin. . Les leaders religieux ont aussi accompagné ce groupe de jeunes pour sensibiliser leurs pairs à l’utilisation de la planification familiale au moment où ils commencent leur vie de couple marié. Nous encourageons cette approche parce qu’entre jeunes, il peut y avoir plus de confiance, vu qu’ils partagent les mêmes problèmes. Enfin, nous avons tenu à impliquer les leaders traditionnels dans notre démarche. Ils détiennent également des informations pertinentes qui vont dans le sens de l’amélioration de la santé de l’être humain. Donc c’est une approche globale qui implique tous les acteurs concernés par la cause.

Réponse de Aliou Diop

Au delà de la participation des religieux, il y a un autre aspect à considerer. S’il y a des leaders qui ont compris les enjeux de l’utilisation de la planification familiale pour la santé et le bien-être de la mère et de l’enfant, il y en a d’autres qui restent à sensibliser. Souvent les actions que nous menons sont considérés comme un agendade l’extérieur. Il est important de lever ces préjugés et de mettre les discours en phase avec l’enseignement religieux qui, en réalité, fait la promotion de l’espacement des naissances. Ce que la religion islamique interdit, c’est la limitation des naissances. Mais l’espacement de naissances contribue à tout ce qui est bien être et la religion est pour une bonne santé de la mère et de l’enfant. Il est important que ce message soit compris par tous pour établir une relation de confiance. Et c’est une fois que les leaders religieux sont sensiblisés sur ces concepts qu’ils pourront pleinement jouer leur rôle dans la lutte que nous menons.

Réponse de Olivier Bizimina

Nous avons amené d’abord les leaders qui avaient de l’influence dans la communauté à porter le message. Pour avoir leur adhésion, nous avons partagé des récits de personnes qui ont eu vécu les conséquences des pratiques néfastes des grossesses rapprochées. Ils ont donc été en contact avec des personnes qui ont souffert et compris les maux qui peuvent découler de la non utilisation de la planification familiale. C’était touchant. Nous avons également travaillé avec des théologiens pour démystifier ce qu’il y a dans les écrits sains. Cela contribue à reduire les mauvaises interprétations, les préjugés et prendre en compte notre contexte. A partir de là, il a été plus facile de travailler avec les leaders religieux.

Oumou Keita

Senior Programme Officer, PRB West and Central Africa

With an MBA in Health Economics from CESAG in Dakar and a Master's degree in Public Health from the University of Bordeaux IV, she is committed to ensuring access to quality sexual and reproductive health services for all in all contexts. She has particular expertise in the development and evaluation of strategic programmes on reproductive health issues (maternal and neonatal health, family planning, adolescent reproductive health). Finally, she works on data production through programme costing and investment files to support advocacy and communication with public policy makers and other development actors. Oumou is currently a PhD student at the School of Public Health of the University of Montreal. Her research focuses on the challenges and opportunities in terms of governance and sustainable financing of the introduction of self-care in primary health care in Senegal.

Courtney McLarnon-Silk

Senior Program Officer, Georgetown University's Gender & Health

Courtney McLarnon-Silk is a Senior Program Officer at Georgetown University's Gender & Health strand of the Center of Child and Human Development, and brings 10 years of experience in research, programs, monitoring & evaluation, and capacity building in SBC and global health.

Mariam Diakité

Regional Technical Advisor, Francophone Africa in Research & MLE, Georgetown IRH

Mariam Diakité is from Mali, working as the Regional Technical Advisor for Francophone Africa in Research and MLE at the Georgetown University’s Institute for Reproductive Health and University of California, San Diego. Her work is focused on social and gender norms-shifting intervention for sexual and reproductive health of adolescent and youth, as well as other vulnerable populations.

Francesca Quirke

SGBV Interventions Programme Manager, Tearfund

Francesca Quirke is Tearfund's SGBV Interventions Programme Manager, responsible for the scale up, learning and adaptation of Tearfund's faith-based interventions to prevent and respond to sexual and gender-based violence: Transforming Masculinities and Journey to Healing. Francesca is part of the global Gender and Protection Unit and is in the UK. Francesca holds an MSc in Gender and International Development from the London School of Economics and has been supporting Tearfund's gender work for the last 6 years, particularly as part of the USAID-funded Passages project on scaling norms-shifting interventions.

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